Anne-Christine, Ophélie et Nala : un trio hors normes

Anne-Christine, en quoi consiste votre métier de neuropsychologue ?

En tant que neuropsychologue, je réalise des entretiens de suivi, d’évaluation cognitive ou de soutien pour les personnes désorientées et/ou en situation de fin de vie. J’effectue également des groupes de stimulation cognitive ainsi que de la rééducation avec des patients cérébro-lésés. J’interviens sur l’unité de soins de longue durée (USLD), l’Ehpad Alzheimer, l’accueil de jour Alzheimer et le service de soins de suite et rééducation (SSR) du Centre Hospitalier de la Haute-Marne (CHHM), à Saint-Dizier (52).

Ophélie, en quoi consiste votre métier d’ergothérapeute ?

L’ergothérapeute est un professionnel de la rééducation, de la réadaptation, de la réhabilitation sociale et de la réinsertion.
L’ergothérapie est la thérapie par l’activité, pour l’activité.
Je travaille en gériatrie au CHHM, en USLD et à l’Ehpad Alzheimer. J’évalue les capacités préservées des résidents et mets tout en œuvre pour les conserver, sur le plan moteur, cognitif ou psycho-social. Je veille à leur confort et à leur bien-être de part une bonne installation et un environnement adapté. J’utilise diverses médiations pour accompagner les résidents.

Quelle est votre journée type ?
Ophélie :
J’arrive au CHHM à 9 h avec Nala, chien d’accompagnement social. Nous commençons la matinée ensemble, ou bien Nala rejoint Anne-Christine (nous n’exerçons pas forcément dans les mêmes services en même temps).
Nous nous organisons pour la journée. Chaque demi-journée, nous entreprenons une activité de médiation avec Nala, à raison d’une heure – soit en activité de groupe, soit de manière entrecoupée en médiation individuelle pour nos prises en soins habituelles.

Anne-Christine :
Pour le bien-être de Nala, les interventions plus lourdes émotionnellement (présence auprès d’une personne en fin de vie) alternent avec des interventions plus ludiques (promenade en double laisse, jeux de balle).
Pendant l’heure de pause, Nala profite d’un temps de repos et de détente en famille.
L’après-midi s’organise comme la matinée, mais dans un autre service. Nala assiste parfois aux transmissions orales en compagnie de l’équipe pluridisciplinaire. Je prévois un temps de repos en famille (généralement le mercredi) en milieu de semaine.

« A chaque fois, ces personnes ont pu bénéficier de la présence rassurante de Nala tout contre leur corps, de sa chaleur, des battements de son cœur et du contact facilité avec son pelage. »

Pourquoi avoir mis en place ce projet dans votre établissement ? 

Le pôle gériatrique s’intéresse de près depuis plusieurs années aux thérapies non médicamenteuses dans la gestion des troubles du comportement dans la maladie d’Alzheimer, sur les recommandations de l’ARS. Par ailleurs, l’intérêt de la présence du chien a déjà été démontré dans d’autres Ehpad et SSR. De plus, des petits animaux (lapins, cochons d’Inde) avaient déjà rejoint l’USLD et l’Ehpad, à la plus grande joie des résidents et de leur famille.

De notre côté, nous souhaitions aller plus loin, avec un chien formé par une association reconnue d’utilité publique. Notre but n’était pas d’avoir un chien visiteur, mais un chien au quotidien pour améliorer et faciliter notre activité de thérapeute. La formation que nous avons reçue par le biais de l’association Handi’chien, nous a permis de comprendre ce que nous pourrions faire avec le chien, avec quels objectifs et dans quelles limites (en  conciliant « travail » et bien-être de l’animal). Le plus était d’avoir un chien capable de se poser auprès d’une personne en soins palliatifs (se coucher auprès de la personne alitée) et de réaliser un accompagnement à plus ou moins long terme. A ce jour, Nala a déjà accompagné plusieurs patients en soins palliatifs, sur l’USLD et sur le SSR auprès de patients plus jeunes. A chaque fois, ces personnes ont pu bénéficier de la présence rassurante de Nala tout contre leur corps, de sa chaleur, des battements de son cœur et du contact facilité avec son pelage. Nala sait poser sa tête sur le ventre de la personne ou sur son bras, ce qui rend les échanges encore plus proches.

Pourquoi avoir mis en place un partenariat avec le Fonds pour les soins palliatifs ?

L’originalité de notre projet était de concilier notre travail avec les personnes en fin de vie et la médiation canine. A notre connaissance, ce projet est innovant dans le domaine des soins palliatifs. Le Fonds pour les soins palliatifs nous a permis de lancer notre projet en réflexion depuis environ 2 ans. Il nous a confortés dans cet objectif et nous aide à évaluer la qualité de notre démarche. Son soutien financier permet également au CHHM de subvenir aux frais d’alimentation et de santé de Nala. Grâce à son équipe de communication, le Fonds pour les soins palliatifs met régulièrement notre projet en valeur sur les réseaux sociaux.