Pouvez-vous rappeler en quelques mots le concept du jardin thérapeutique des sens ?

A l’origine de ce projet, une idée, celle de trois soignantes de l’établissement,  qui, à l’issue des travaux d’extension de l’établissement en 2013,  se saisissent du patrimoine historique du Parc pour tracer un nouveau chemin à l’histoire de notre Maison : celle d’accompagner la démarche de soins, le bien être des patients, des professionnels et des bénévoles, en proposant le Jardin comme outil thérapeutique à la prise en charge des patients et de leurs proches, afin de les aider à trouver du sens, à avancer malgré la maladie et la dépendance, et à vivre pleinement l’instant présent.

Structuré autour des 5 sens, le jardin est conçu comme un parcours initiatique à la fois apaisant et soignant pour permettre un réinvestissement du corps, la (re)décou­verte de sensations, un espace pour entrer en relation avec une population composée majoritairement de personnes âgées en perte d’autonomie ou en fin de vie mais aussi de personnes atteintes de maladies graves et évolutives.

Convaincus du bien-fondé de cette approche non-médicamenteuse, soucieux du bien-être de la personne et de ses émotions dans les pratiques de soins, la réhabi­litation du Jardin devient alors une nouvelle opportunité, parfaitement intégrée dans notre démarche de dévelop­pement durable et politique RSE.

Quels sont les bienfaits sur la vie des résidents et des soignants ?

Pour les patients, l’hospitalisation est source de nombreuses souffrances, de perte de repères et quelquefois, de questions existen­tielles.

Dans ces moments difficiles, tant sur le plan émotionnel que physiquement, le jardin semble être un excellent moyen de s’extraire des difficultés de leur quotidien. C’est un endroit privilégié pour marcher, reprendre contact en douceur avec l’extérieur, s’imprégner d’une autre am­biance, partager des moments en famille.

Le Jardin des Sens est le fruit d’un travail en pluri et interdisciplinarité.

Avez vous une belle histoire / anecdote à nous partager au sujet du jardin Marie Galène ?

    A son initiative, Michel Colle (ancien pédiatre et historien) a signé un livre documentaire sur l’histoire du Quadrille (notre quartier)  à Caudéran, offert à l’issue de l’inauguration du Jardin. Par ce geste, il a offert un testament unique à la Maison de Santé Marie Galène, permettant d’enraciner la réhabilition du Jardin comme le témoin du patrimoine culturel et historique de la ville de Bordeaux et particulièrement du quartier de Caudéran. C’était aussi l’occasion pour cet homme de sciences et de lettres de sceller pour la première fois, l’alliance des deux passions qui ont guidés sa vie : celle de la pratique de la médecine pédiatrique et celle de la quête de ses ancêtres comme le moyen de nous souvenir que, comme l’écrivait Honoré de Balzac dans la Recherche de l’Absolu, «Pour l’homme, le passé ressemble singulièrement à l’avenir. Lui raconter ce qui fut, n’est-ce pas presque toujours lui dire ce qui sera ?»

 

La rencontre avec l’artiste plasticien Julien Mouroux a permis  à la Maison de Santé Marie Galène de formaliser, avec l’œuvre «la Déferlante» cette conception dynamique dans laquelle l’établissement a voulu incarner autant son engagement dans une démarche de développement durable qu’un accès à la culture pour tous. Soumis à la pression des enjeux liés au renouvellement urbain, ce refuge de diversité biologique offre  un lieu de rencontre entre l’Homme et la Nature. Exemples de résilience et de générosité, les plantes vagabondes et pionnières y foisonnent et sont la matière première de son propos sur la vie de la Terre. Qu’ils soient éphémères ou pérennes, son travail questionne le paysage et les dynamiques qui l’animent ; ils sont une invitation à changer de regard, à tisser de nouveaux liens avec son environnement quotidien.

 

Quel a été le rôle du Fonds pour les soins palliatifs dans la création du jardin ?

Le Jardin des Sens est aussi la marque d’un engagement responsable et sociétal fort, au vue des sou­tiens financiers reçus des très nombreux donateurs (particuliers, mécènes, Œuvres et Fonda­tions)  pour financer en totalité les 127 500€ d’investissements nécessaires.

Le Fonds pour les soins palliatifs a le premier, soutenu, grâce à son partenariat avec le Groupe B2V, la réalisation de ce jardin. Il nous a aussi donner la possibilité  de bénéficier d’un mécénat de compétences de Klorane Botanical Foundation ainsi que d’une mise en réseau importante…! Il a largement communiqué sur le jardin dans tous ses outils de communication et lors de ses nombreuses  rencontres. Le Fonds pour les soins palliatifs nous a également recommandé auprès d’autres porteurs de projet et notre jardin est devenu une référence auprès des acteurs de soins palliatifs…

A ce propos, j’ai eu la chance d’être la marraine du Jardin Extraordinaire de Jeanne Garnier à Paris !