Appartements de coordination thérapeutiques (ACT) à visée palliative (ACT-P)

Ruthélie Brau, responsable projets

Pourquoi le FPSP a-t-il décidé d’accompagner la création des appartements de coordination thérapeutiques à visée palliative ? Quel est son rôle et quels sont ses partenaires financiers ?

Ce projet associé à un accueil de jour est le résultat de l’étude Pasadom, soutenue par le FPSP, menée en 2018 par les docteurs Laure Copel et Ingrid Joffrin, afin de comprendre la situation sociale des personnes atteintes d’un cancer, en situation palliative précoce et en perte d’autonomie.
21 % des personnes dont la situation sociale a été étudiée sont en situation de précarité rendant difficile, voire impossible, leur maintien à domicile.
 
Les ACT-P offrent une solution alternative de logement à ces personnes, leur évitant des hospitalisations prolongées inadaptées à leurs besoins. Ils réduisent les inégalités d’accès aux soins palliatifs et apportent une réponse concrète et pérenne à un besoin identifié.
Concrète : le projet s’appuie sur un dispositif existant (les ACT), dont il élargit les compétences, et sur les équipes ressources en soins palliatifs de proximité.
Pérenne : le budget de fonctionnement des ACT, assuré par l’ARS, est simplement majoré d’une « quote-part soins palliatifs » par résident concerné.
 
Depuis l’étude Pasadom, le FPSP a étroitement collaboré avec l’équipe de ce projet expérimental pour permettre sa réalisation. Puis il a consolidé des partenariats (Fondation Futur 21, une fondation privée) et en a développé de nouveaux (Fondation Paris Habitat, Fondation des Petits Frères des Pauvres, la plateforme les Petites Pierres).
 
Enfin, le FPSP est engagé dans ce projet pour sa mise en œuvre, son suivi, et surtout dans l’évaluation de ce nouveau dispositif afin de l’essaimer le plus largement possible.
 

 

Dr Georges Czapiuk, médecin en soins palliatifs à l’hôpital des Diaconesses

Pouvez-vous présenter le projet des ACT-P ? En quoi est-il pilote ?

C’est l’histoire d’une rencontre entre le service de soins palliatifs de l’hôpital des Diaconesses et les Studios de la Tourelle qui sont des appartements de coordination thérapeutiques situés dans l’enceinte du même hôpital. Les premiers ne savaient que proposer à des patients en précarité sociale et les seconds se sentaient démunis face à la complexité des soins de fin de vie pour certains de leurs résidents.
Ce projet a permis d’identifier que les personnes souffrant d’une maladie grave et de précarité sociale connaissent une double peine : la maladie grave les empêche de travailler, la précarité les empêche de se soigner. 

Concrètement, le projet comporte la création de 4 appartements de coordination supplémentaires qui accueilleront spécifiquement des patients en situation palliative. Une équipe, composée d’un travailleur social titulaire, d’une infirmière coordinatrice, d’une assistante éducative et sociale, d’une psychologue et d’un médecin coordonnateur, assure l’accompagnement des résidents.

Ce projet est novateur, il permet le rapprochement du monde des soins palliatifs et celui de l’action sociale. Nous espérons qu’il participera à la réduction des inégalités d’accès aux soins.